Voici le message et les photos de Jacques et Etienne reçus ce jour :
« Arrivés
hier vers 10 h à la khaïma des petits, juste après le petit déjeuner des
enfants. Les 30 enfants présents ce matin jouent "tranquillement"
dans la cour. Ils attendent avec impatience l'ouverture des cartons, juste le
temps de monter les trottinettes et d'installer les cartons. Les enfants me
regardent, silencieusement ouvrir tous les cartons.
Puis ils se jettent dessus une
fois la permission de Nadia accordée. Ils dévalisent avec frénésie tout ce qui
les intéresse : les petites voitures, les duplos, les légos et les trottinettes
ont leur faveur. Il y a des jouets dans toute la cour. Certains gamins en
perdent leur pantalon à force de stocker les jouets dans leurs t-shirts,
d'autres s'empressent d'en cacher en prévision de jours moins fastes.
Il y a
peu de disputes mais quelques " chicoteries" quand même. Pas de
pleurs ni de caprices. Ces gamins sont très durs au mal. Il faut vous dire que
l'amour et la tendresse sont des notions plutôt abstraites dans la culture
nomade. Leur condition de vie et la rudesse de leur environnement ne les y
incitent pas non plus forcément.
Ils sont élevés comme on dresse un âne, à coup de claques et de bâtons.
Toute violence est, bien sur, prohibée à l'intérieur de la khäima, mais cet
espace de tendresse s'efface rapidement une fois la porte franchie. Nadia punit
un des petits qui en a giflé un autre, le privant de mandarine. Le môme va
voir Nadia et lui dit: « Nadia si tu me mets une claque, je peux avoir ma
mandarine!!!! "
Une claque c'est rien du tout pour eux mais le priver de mandarine :
impensable. Aucun de ces enfants ne
parle français : ils parlent le Hassania, la langue des nomades
Mauritaniens.
Nous
restons avec Etienne jusqu'à 13h, discrets, un peu a l'écart à profiter de ces
instants rares et magiques. Au moment de partir tous les gamins nous entourent
et veulent nous toucher, nous taper dans les mains. Toutes ces petites mains
noires qui me dévorent, me donnent la chair de poule. Au revoir la
"khaïma», je ne vous oublierai pas et je reviendrai. C'est promis.
Merci à
l'école Jeanne d'arc, Brigitte, Sophie, les enfants, les parents d'avoir
participer à ce petit projet.
Une goutte d'eau dans cet océan de misère....mais une goutte d'eau quand
même.
Quant à
nous, nous attendons, sans impatience la remise en état de notre véhicule (peut
être lundi). Nous avons l'heure, ils ont le temps !! Nous avons envie de faire
durer le plaisir et retournons à la frontière marocaine par les pistes :
1200 km de pur bonheur à travers le plus beau désert du monde. Encore une
nouvelle aventure pour la grenouille.
A très
bientôt.
Proverbe Mauritanien : « Peu importe le sens du vent, le soleil ira
toujours là où il doit aller. »
Un grand merci à Jacques et Etienne - Bon retour à eux et à notre mascotte :